
Ena / Sadie / Judy -Pic by Mad Kate
C’est une scène en bois à trois étages, pas terminée. Rabots, poussière, plancher plein d’échardes, échelles, bouteilles explosées au sol, bordel partout. C’est un hangar. Plafond de verre. C’est notre scène pour demain à Malmö, c’est punkrock, c’est beau, tragique et déglingué, ça nous ressemble et c’est parfait.

Pic by Mad Kate
Le technicien son-lumière est appointé exprès, et le booker dirige une compagnie de théâtre. Plaisir de parler à des professionnels. Il y a même un piano backstage, désaccordé, des fauteuils rouges, un canapé rayé.
Après les palabres avec les organisateurs s’enchaîne une scène quickie, improvisée, Emilie sort sa caméra et en 4 minutes 40, c’est enregistré. Notre sexy soundgirl et notre MC ont toujours des gants de latex et du lube à proximité. Je les regarde faire, amusée mais angoissée de la réaction des gérants du lieu qui en fait ne s’offusquent pas, après tout c’est le queer x show qu’ils ont booké.

Ena - Pic by Mad Kate
Il pleut sur Malmö et ce n’est pas une très jolie ville, mais de la gentillesse et de la chaleur à volonté. Un appart cosy, des lits confortables, une journée tranquille pour se reposer. Plus que deux shows et l’aventure est terminée. Resteront des mois de montages, Emilie devant son ordinateur avec les images de la tournée.

Ena / Sadie - Pic by Mad Kate
On attend toutes Berlin avec une sorte de fièvre, on écrit nos souvenirs et crée notre propre microlangage franglais absurde: “Judy Minx Super Top”, “how do you like them apples”, “I’ve got to know what I look like”, “let’s make pee”, “les trombones à cheveux”, “twitter me”, “where is the Lune”, autant d’idiomes intelligibles par nous seules, des baisers rouges sur nos joues à toutes, les fous rires, le lien qui se noue entre sept amazones infernales, qui est beau à tisser.
W.



